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[article paru sur LV le 26 février 2010]
[article paru sur LV le 22 janvier 2010] De nombreuses études épidémiologiques s'accordent depuis longtemps sur une réduction du risque de maladies cardiovasculaires pour les consommateurs modérés de vin rouge. Cependant les mécanismes d'action des polyphénols en cause restaient mystérieux. En identifiant le sous-type α du récepteur aux ½strogènes comme l'acteur clé de la voie de transduction des polyphénols du vin, des chercheurs d'Angers (Unité mixte Inserm 771-Université d'Angers - Biologie Neurovasculaire Intégrée -) dévoilent notre si cher "French Paradox". Leurs résultats sont parus dans la revue PLoS ONE. Une consommation modérée de vin, notamment de vin rouge, est associée à une réduction du risque de maladies cardiovasculaires. Cette forte suggestion ne reposait jusqu'à présent que sur des études épidémiologiques, bien que très nombreuses. Le mécanisme mis en jeu ainsi que la cible moléculaire responsable des effets protecteurs vasculaires du vin rouge demeuraient inconnus à ce jour. Restait donc à démontrer scientifiquement ce postulat. Différentes études, à commencer par celles de l'équipe angevine, ont cependant progressivement conduit à identifier les polyphénols du vin comme responsables d'un effet vasodilatateur via la production de monoxyde d'azote (NO) par les cellules endothéliales. Schéma représentatif des effets des polyphénols du vin rouge sur l'endothélium de la paroi vasculaire. Dans cette nouvelle étude et à l'aide de techniques de biologie moléculaire, les chercheurs se sont appliqués à déterminer le mécanisme d'action des polyphénols en jeu. Ils ont eu l'intuition de l'implication du récepteur aux ½strogènes. Effectivement, l'activation du sous-type α du récepteur aux ½strogènes (ERα) est connue pour stimuler la voie du NO dans les cellules endothéliales. Ramaroson Andriantsitohaina et son équipe sont donc partis de l'hypothèse suivante : un composé activateur d'ERα pourrait suffire à allumer la voie NO dans les cellules endothéliales et induire ainsi la réduction admise du risque de maladies cardiovasculaires.
Alors qu'expérimentalement les polyphénols du vin rouge - en particulier la delphinidine conduisent au relâchement vasculaire dépendant de l'endothélium dans les artères issues de souris sauvages, ils n'entraînent aucune vasodilatation dépendante de l'endothélium vasculaire dans les artères de souris déficientes pour le récepteur ERα. Cela démontre que l'effet vasodilatateur des polyphénols via la production de NO par les cellules endothéliales nécessite la présence du récepteur ERα.
Par ailleurs, l'utilisation d'un antagoniste des récepteurs aux oestrogènes (le fulvestrant) ou d'un siRNA(1) dirigé spécifiquement contre ERα abolit à la fois la production de NO et l'activation des voies de transductions moléculaires menant à la formation de cette molécule dans les cellules endothéliales humaines. Une modélisation moléculaire et des études de liaisons spécifiques ont permis à cette équipe de confirmer l'interaction directe de la delphinidine sur le site activateur du récepteur ERα. L'ensemble des résultats sur la pharmacologie des polyphénols fournit une base scientifique aux hypothèses issues d'études épidémiologiques sur les effets protecteurs vasculaires de la consommation modérée de vin et d'autres végétaux, probablement par leur capacité à activer le récepteur ½strogène ERα. (1) siRNA : petits ARN pouvant se lier spécifiquement à une séquence d'ARN messagers et ainsi empêcher l'expression de gènes en clivant cet ARN Source : INSERM
[article paru sur LV le 16 novembre 2009] Depuis 1994, VINIFLHOR soutient un programme de recherches médico-scientifiques intitulé « Vin et Santé, biologie et pathologie vasculaire ». Ce programme vise, au travers d'études épidémiologiques et biologiques, à démontrer scientifiquement les effets potentiellement bénéfiques d'une consommation modérée de vin, et surtout à en expliquer les causes et mécanismes.
La responsabilité et la coordination de ces recherches sont assurées par un Comité scientifique constitué de représentants appartenant à différentes disciplines médicales (épidémiologiste, nutritionniste, hépatologue, biochimiste, lipidologue, pathologiste, neurologue, pharmacologue, cardiologue...). Présidé par une personnalité reconnue du monde médical, le Comité scientifique « Vin et Santé » définit les axes et thèmes de recherches, lance les appels d'offres auprès des unités de recherche, assure la coordination et le suivi des travaux, centralise les résultats et dresse un bilan des travaux.
Après de nombreuses années de recherches, les résultats de ces travaux semblent aujourd'hui confirmer les bienfaits d'une consommation modérée et régulière de vin dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Ils commencent à apporter quelques éléments d'explication sur les mécanismes de base impliqués dans l'action des polyphénols et à révéler l'importance physiologique et physiopathologique des propriétés antioxydantes du vin.
Ces travaux font désormais l'objet de nombreuses publications dans des revues médicales de notoriété internationale. Les différents chercheurs impliqués dans le programme "Vin et Santé" développent des relations de plus en plus privilégiées avec les journalistes de la presse grand public.
Cependant, les effets potentiellement bénéfiques de la consommation de vin ne doivent pas faire oublier les risques pour la santé d'une consommation excessive d'alcool.
Depuis 1993, un programme "Vin et Santé : biologie et pathologie vasculaires" est soutenu par l'office des vins du ministère de l'agriculture (Onivins/Vinifhlor). Ce programme est coordonné par un comité scientifique indépendant, qui définit les axes de recherche, lance les appels à projets de recherche et en surveille la réalisation. Ces projets concernent l'effet du vin et/ou de ses constituants sur la santé et plus spécifiquement sur celle du système cardio-vasculaire.
Depuis le début de ce programme, le bilan des actions soutenues par ce programme montre l'importance de sa participation au niveau international à l'avancement des données sur le sujet « Vin et Santé » en particulier dans le domaine cardio-vasculaire. Les comités scientifiques se sont renouvelés en suivant une méthodologie similaire favorisant les études dans trois domaines complémentaires et indispensables à une appréhension scientifique du problème :
1° Des études épidémiologiques focalisées sur les effets sur la santé d'une consommation de vin modérée et régulière au cours des repas comme traditionnellement en France, 2° Des études métaboliques identifiant les composants du vin et évaluant leur métabolisme chez l'homme, 3° Des études cellulaires et expérimentales évaluant le mode d'action potentiel des composants du vin et de leurs métabolites dans les pathologies en particulier cardio-vasculaires. Les résultats obtenus grâce à l'action « Vin et Santé, biologie et pathologie vasculaires » dont les principaux sont résumés dans la rubrique « principaux résultats » sont poursuivis dans ces trois domaines de l'épidémiologie, du métabolisme et des mécanismes d'action . Le comité scientifique continue à s'élargir, à se diversifier, pour représenter l'ensemble des spécialistes français impliqués dans cette problématique. Pour avoir une vue critique et extérieure aux projets de recherche soumis lors de l'appel à projets, la review des projets fait appel à une liste d'experts internationaux. Chaque année, un nouvel appel à projets est lancé. Le budget mis à disposition par Onivins/Vinifhlor permet de soutenir ainsi une dizaine de projets. Après plusieurs années de recherche, les résultats des travaux scientifiques coordonnés par le programme " Vin et Santé " continuent à soutenir l'hypothèse qu'une consommation modérée et régulière de vin puisse avoir un effet bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Par ailleurs, ce programme a permis de mettre en évidence de nouveaux effets physiologiques et d'apporter quelques éléments d'explication des mécanismes de base impliqués dans l'action physiologique et physiopathologique des polyphénols du vin. Source : www.vin-santé.org
[article paru sur LV le 9 octobre 2009] Étude « Cancer alcool » - Le vin associé à un risque réduit de décès par cancer Selon une étude du Dr. Dominique Lanzmann-Petithory, la consommation de vin est associée chez les hommes à un risque significativement réduit de mortalité par cancers. Ceci probablement grâce au principe « fruit » du vin, avec ses polyphénols. Quelques semaines après les affirmations de médecins de l'Institut national du cancer selon lesquelles le vin serait nocif dès le premier verre, une nouvelle étude vient conforter et poursuivre les résultats du Pr. Serge Renaud, père du "French Paradox". Celui-ci avait montré avec le Dr Guéguen, pour la première fois, que le vin consommé à une dose de 1 à 3 verres par jour chez l'homme était associé à une baisse de la mortalité par cancers. C'était dans "L'étude de Nancy" dont le Dr. Lanzmann a repris le flambeau, toujours avec le Dr Guéguen. Des risques de cancers réduits En explorant les causes de mortalité de 100 000 personnes ayant visité le Centre de médecine préventive nancéien entre 1978 et 1985, elle a constaté que la préférence vin (plus de 50% de l'alcool sous forme de vin) était associée à un risque de mortalité par cancer réduit de 16% en moyenne chez les hommes. Le risque est même diminué de 23 % pour la mortalité avant 65 ans par cancer. "Pour les hommes qui préfèrent le vin, à dose modérée d'alcool (inférieure à 0,7 g par kg) nous observons une diminution significative du risque de mortalité, surtout par cancer des voies aérodigestives supérieures", explique le Dr. Lanzmann, praticien hospitalier et enseignant chercheur à l'Université de Bordeaux 2. Chez les 36 118 hommes de la cohorte, la préférence vin, par rapport à ceux qui ne préfèrent pas le vin, à dose d'alcool égale, est associée à un risque de mortalité par cancer du poumon réduit de 18%, à un risque de cancer du tube digestif réduit de 27%, à un risque de cancer du larynx réduit de 45%. Chez les hommes morts avant 65 ans, la préférence vin est associée à un risque de mortalité par cancer du tube digestif réduit de 33%, un risque de mortalité par cancer du poumon réduit de 22%, un risque de décès cardiovasculaire réduit de 26%. " Pour certains cancers dont ceux pour lesquels l'alcool est le plus stigmatisé par l'Inca, à consommation modérée d'alcool, le bilan des risques serait avantageux pour les buveurs modérés de vin ». L'effet fruit l'emporte sur l'effet alcool Outre la distinction entre les boissons alcoolisées, l'étude a pour atouts le grand nombre de personnes étudiées, la durée du suivi (plus de 20 ans) et la prise en compte de nombreux indicateurs de santé. Mais pour les femmes elle "manque de finesse dans le recueil de la consommation de vin, confie la chercheuse. Le premier seuil est à 1/4 de litre, l'équivalent de 2 verres de vin. Nous ne mettons pas en évidence d'augmentation significative du risque de mortalité par cancer avec une consommation inférieure à 0,3 g d'alcool /kg sans avoir pu montrer de relation générale avec la préférence vin. Une relation évoquant une protection par le vin existe peut-être à moins de 2 verres par jour ». Dans l'étude Canceralcool, la préférence vin chez les femmes n'est pas associée à un risque significativement réduit de cancer (sein, côlon, ovaire), excepté pour le cancer du rectum/anus (moins 43%). "D'après la synthèse du Fonds mondial de Recherche sur le Cancer, l'alcool augmente le risque de cancer de façon convaincante tandis que les fruits le diminuent de façon probable, rappelle le Dr. Lanzmann. Il n'est donc pas étonnant que la consommation de vin, jus de fruits fermenté -mélange de deux types de substances à effet antagoniste, alcool et jus de raisin enrichi en polyphénols- s'avère différente de celles des autres boissons alcoolisées dans son association avec le risque de mortalité par cancer. Le principe fruit semble l'emporter sur le principe alcool lorsque l'on boit du vin à dose modérée ». Pour la chercheuse, « la manière traditionnelle française de consommer le vin modérément et au moment des repas, représente apparemment un modèle de nutrition préventive, à condition de proscrire tout excès ». Source : Viti-net |
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